Épisode 1
On ne devient pas le 10ème groupe bancaire mondial sans vision, sans exécution de qualité dans la durée, et sans talents pour la mettre en œuvre. De ce point de vue, le Crédit Agricole est une réussite incontestable.
Mais il est un angle mort, persistant, difficilement défendable en 2026.
Pourquoi le 10ème groupe bancaire mondial a besoin, en 2026, d’avoir 14 entités différentes portant son nom cotées sur la place de Paris ? surtout pour un groupe mutualiste. C’est un cas unique au monde. On pouvait le comprendre il y a 40 ans quand les marchés financiers étaient peu développés, et qu’il fallait multiplier les structures pour capter des capitaux propres. Mais de nos jours ?
Qui sont ces 13 entités ? 13 des 39 caisses régionales du Crédit Agricole qui se sont cotées en Bourse il y a fort longtemps. Mais leurs performances sont faméliques : elles sont systématiquement dans le 10 % des banques européennes cotées les plus mal classées, que ce soit pour la rentabilité de leurs capitaux propres (2 à 3 % en 2025 !), ou pour leur valorisation. Depuis 2012, c’est 23 Md€ de valeur qu’elles ont détruits. 1,8 Md€ par caisse régionale . . . C’est peu dire que ce n’est pas là leur meilleure vitrine !
La bonne nouvelle est qu’elles pourraient simplement, sans modifier leur modèle opérationnel,retrouver des rangs conformes aux performances de leur groupe.
C’est précisément ce que je développerai dans une série de billets que je publierai chaque samedi pendant 14 semaines.
C’est au titre de mes activités d’investisseur actif, que je partagerai avec vous mon diagnostic de cette situation bien atypique (et non de professeur de finance à HEC depuis 1986 ou de co-auteur du Vernimmen depuis 1998). Je suis moi-même devenu porteur depuis août 2022 de CCI (certificats coopératifs d’investissement) émis par ces caisses régionales pour faire évoluer la situation. J’ai rencontré des dizaines de porteurs de CCI, petits, moyens ou gros. J’ai partagé mes idées avec certains dirigeants du Crédit Agricole qui, d’ailleurs, ont entre eux des vues différentes sur le sujet.
Si je me suis décidé à en parler publiquement aujourd’hui, si je préside l’Association Nationale de Défense des Porteurs de CCI des Caisses Régionales cotées du Crédit Agricole (ANDP-CCI), c’est pour faciliter la prise de conscience des centaines de milliers de porteurs de CCI, dont bon nombre de clients ou de salariés des Caisses du Crédit Agricole, directement ou à travers leur épargne salariale.
C’est aussi pour convaincre ce groupe d’agir, sur ce point précis, dans l’intérêt de la société, comme son exigeante raison d’être lui en fait l’obligation.