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Le Crédit Agricole devrait tourner la page [ep16] L’impossible statu quo 

Le problème des 13 Caisses régionales cotées du Crédit Agricole (CR) est celui l’embarras de richesse. 

Il conduit à :

  • des destructions de valeur massives (20 Md€ depuis 2012) 
  • une mauvaise allocation du capital qui pénalise l’économie française 
  • des décotes qui ne font que monter (70 %), record européen
  • des rentabilités pitoyables (3 %) qui ne s’inverseront pas en continuant la politique de placement des capitaux propres excédentaires sur le marché monétaire. 

Le bon sens a déjà commencé à œuvrer. En témoignent les rachats frénétiques de CCI en Bourse, au maximum des possibilités légales par certaines des CR. Tôt ou tard, les dirigeants du Crédit Agricole qui partagent ces idées finiront par convaincre le reste de leurs collègues que le statu quo va coûter de plus en plus cher et n’est pas tenable.

Et l’Association Nationale de Défense des Porteurs de CCI du Crédit Agricole sait que la pédagogie est l’art de la répétition.

Les 13 CR sont confrontées à une alternative.

Jouer les règles du jeu boursier

À l’exception des 13 CR cotées, la totalité des entreprises cotées en Bourse qui ont structurellement des capitaux propres excédentaires par rapport à leurs besoins les restituent via des dividendes ou des rachats d’actions. À charge alors pour les investisseurs de trouver de nouveaux supports d’investissements, ou d’apporter ces capitaux propres à des entreprises qui en ont besoin pour financer leur croissance.


Si les 13 CR souhaitent demeurer cotées tout en faisant disparaître la décote croissante qui frappe leurs cours depuis 2000, et en cessant d’afficher une rentabilité de leurs capitaux propres famélique, elles devraient :

  • Verser un dividende exceptionnel afin de ramener l’actuel CET1 moyen de 26 %, à son niveau de 2016 (17 %) après le rachat de 25 % de leur capital à 3 fois le cours de Bourse au profit de CASA.
  • Verser un dividende annuel correspondant aux capitaux propres générés chaque année au-delà d’un ratio CET1 à 17 %. Vu la stagnation des encours pondérés de crédits (+0,5 % par an depuis 2012), ceci conduirait à un taux de distribution proche de 100 %. Un tel taux n’a rien d’infamant, c’est celui d’Intesa SanPaolo et d’Unicredit qui, chacune, valent plus que la somme de CASA et de la Société Générale.

Sortir de Bourse

À défaut de respecter la pratique boursière, les 13 CR devraient suivre leurs 2 consœurs qui sont sorties de Bourse en 2009 via un remboursement des CCI. 

Le prix a peu de chances de s’éloigner du 105 % des capitaux propres obtenu par CASA en 2016, d’autant que les experts indépendants qui seront nommés devront donner leur accord.

L’opération se monterait à 9,3 Md€. 

Le ratio CET 1 du groupe, le seul scruté par la BCE, passerait de 17,1 % à 15,8 %, bien au-dessus de celui de BNP Paribas (12,8 %) par exemple, tant les excédents de capitaux propres sont plantureux.  Le CET1 moyen des 13 CR cotées passerait de son côté de 26 % à 18 %. Un non-sujet prudentiel.