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Le Crédit Agricole devrait tourner la page [ep9]

Épisodes 9

Qui spécule sur le cours des CCI du Crédit Agricole ?

Les Caisses régionales (CR) cotées elles-mêmes. Elles sont devenues, et de loin, les premiers acheteurs de CCI.

1.        Brie Picardie fait 29% des volumes de transactions depuis le 1er janvier 2026 en acquérant des CCI sur un marché étroit en vue de les annuler. Depuis, son cours a flambé de 24%, contre 0 % pour les indices boursiers.

2.        Normandie-Seine, qui n’avait jamais racheté un CCI avant novembre 2025, a réalisé 24% des transactions de 2026 à elle-seule. Son cours a bondi de 25%.

3.        Nord de France qui, jusqu’en mars 2025 achetait chaque année 0,1% des CCI en circulation, en a acheté 6% depuis avril 2025. Sur les 14 derniers mois, elle représente à elle seule 23 % des échanges contre 1% avant avril 2025. Son cours a pris 71% depuis.

4.        Etc.

On peut comprendre que les CR ne soient pas ravies des travaux de l’Association Nationale de Défense des Porteurs de CCI du Crédit Agricole. En effet, les analyses que nous donnons au marché permettent aux porteurs de CCI (salariés, clients, investisseurs) de mieux comprendre la situation, et donc de ne pas brader leurs CCI. 

Nous éclairons, avec des arguments rationnels, une situation caricaturale.

De ce fait, les CR paient plus cher pour les CCI qu’elles acquièrent. 

« Plus cher » étant toutefois très relatif, pour 2 raisons :

1.        Quand un CCI décote de 80% sur son actif net et que son cours progresse de 70%, il décote encore de 69% (avec une progression de 10% de l’actif net comme observé en 2025). Pas intuitif, mais implacable.

2.        Depuis 25 ans, les CR cotées du Crédit Agricole poussent elles-mêmes à la baisse, par leur politique financière, le cours des CCI. En effet, ces 13 Caisses ne cessent d’accroître leurs capitaux propres en raison d’un taux de distribution de leurs résultats inférieur à 10%, alors que leurs besoins en nouveaux capitaux propres sont inexistants du fait d’une stagnation des encours de crédits. Faut-il rappeler que LCL, dans le même groupe, distribue 89% de ses résultats ? 

Donc les capitaux propres s’accumulent, sans d’autre usage que des placements sur le marché monétaire, comme en témoigne un ratio CET 1 de 50% supérieur à celui des CR des Banques Populaires (26% contre 17%). Ces placements à un taux bien inférieur au coût du capital dépriment la valeur des CCI, comme en témoignent leurs PBR (autour de 0,25) et leur rentabilité (2 à 3 %), les plus bas des 191 banques européennes cotées.

Ensuite les 13 CR peuvent racheter auprès de leurs salariés, clients ou investisseurs, qui leur ont fait confiance, des CCI avec une décote moyenne de 75 %. 

Dans le même temps, les CR non cotées, qui ont émis un produit identique (CCA), les rachètent avec une décote de 20 %.

Qui sont les spéculateurs selon vous ? les CR cotées qui ramassent discrètement des actifs à 25% de leur valeur ? ou les investisseurs qui subissent un actif avec 75% de décote ? 

Tout ceci est indigne d’un des fleurons européens de la finance.